paris pollutionLa pollution de l’air tue. Elle est “responsable de 7 millions de décès prématurés chaque année”. C’est le triste constat d’un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui estime que peu de risques ont un impact supérieur sur notre santé à l’heure actuelle.

En France, la pollution entraine 48.000 décès par an, ce qui représente 9 % de la mortalité du pays. Elle est la troisième cause de décès après le tabac et l’alcool. En un an, la pollution fait 1,6 million de morts en Chine, soit 17 % de la mortalité du pays le plus peuplé au monde.

La dégradation de la qualité de l’air est aujourd’hui le principal risque environnemental pour la santé. On parle même d’Airpocalypse quand les épisodes de pollution sont extrêmement importants.

Les effets de la pollution ne sont pas les mêmes lors d'une exposition ponctuelle aigüe ou d'une exposition faible et prolongée. Mais dans les deux cas, la pollution a des conséquences directes sur la santé.

logo santéLors d'un épisode de pollution important, les conséquences à court terme sont des affections aigües, principalement des troubles respiratoires et cardiovasculaires. Ces effets immédiats sont à l'origine d'une augmentation des taux d'hospitalisation et de mortalité, mais également d'une aggravation des maladies cardiaques (troubles du rythme, insuffisance cardiaque, ...) et des maladies respiratoires chroniques (BPCO, asthme, infections respiratoires, ...). Les personnes souffrant de ces maladies sont donc particulièrement sensibles et vulnérables à la pollution.
Une forte exposition à la pollution entraine aussi une hypersécrétion de mucus, responsable de différents symptômes comme la toux ou l'encombrement bronchique, qui conduit à une dégradation de la fonction respiratoire.

Même légère, une exposition chronique à la pollution est toute aussi dangereuse. Elle contribue à l'apparition et à l'aggravation de maladies cardiovasculaires, de maladies pulmonaires et de nombreux cancers. A long terme, la pollution affaiblit aussi le système immunitaire et augmente le risque de développer différentes allergies.
Particules fines, hydrocarbures, composés organiques volatils, ozone, métaux, ... les polluants atmosphériques sont tous différents !
Par conséquent, ils ne partagent pas les mêmes mécanismes physiopathologiques et n'entrainent pas tous les mêmes effets. Toutefois, les études toxicologiques ont permis de mettre en cause le caractère oxydant de la majorité des polluants dans le développement des troubles et des maladies respiratoires.

nuage pollutionTous les polluants ne sont pas nécessairement des molécules oxydantes, mais leur entrée dans l'organisme provoque la formation de radicaux libres ou d'autres composés oxydants.
Ainsi, l'ozone, les particules diesel ou certains toxiques présents dans la fumée de cigarette déclenchent un stress oxydant au niveau des voies aériennes, dont les effets pro-inflammatoires favorisent la survenue de nombreuses maladies respiratoires. Cette inflammation chronique génère également l'hypersécrétion de mucus à l'origine de la dégradation de la fonction respiratoire.

Les antioxydants contre la pollution

Les défenses contre le stress oxydant sont indispensables à la vie. Sans elles, les fonctions cellulaires sont altérées et il se crée un véritable déséquilibre biologique. Pour assurer une protection efficace face aux attaques des molécules oxydantes de toute origine, notre organisme a besoin de deux éléments essentiels : les antioxydants et les enzymes de phase II.

Les antioxydants constituent une grande famille dans laquelle on trouve des composés très différents les uns des autres. Ils n'ont pas tous la même fonction, le même mode d'action ni la même origine, mais ils participent tous à la neutralisation de molécules impliquées dans le phénomène de stress oxydant.
Les enzymes de phase II constituent un véritable rempart face aux toxiques et aux polluants. Elles modifient la structure chimique des composés indésirables qui ont tendance à s'accumuler dans nos cellules et favorisent ainsi leur élimination. Leur action ne se limite pas au maintien de l'homéostasie cellulaire puisque de nombreuses enzymes de phase II ont aussi une activité antioxydante directe. C'est le cas de la glutathion-S-transférase qui accélère l'action du glutathion sur les radicaux libres.

stress oxydantLes antioxydants et les enzymes de phase II ont des actions complémentaires. Quand les premiers neutralisent les molécules oxydantes, les secondes accélèrent leur élimination. Normalement, ces défenses sont présentes en quantités suffisantes dans notre organisme pour que le stress oxydant n’ait pas de conséquences pathologiques. Mais dans un environnement pollué, les agressions oxydantes sont extrêmement nombreuses et nos défenses rapidement dépassées.

Le renforcement des défenses antioxydantes permet d’améliorer la protection cellulaire et de lutter plus efficacement contre les radicaux libres.
Prévenir l’apparition du stress oxydant permet d’éviter l’inflammation des voies aériennes, à l’origine de nombreux troubles respiratoires. Plusieurs études ont d’ailleurs mis en évidence le rôle protecteur indispensable des enzymes de phase II contre les particules diesel, l’ozone ou encore certains toxiques contenus dans la fumée de cigarette.